Etre attentif à sa respiration dans la méditation

 

 

 

 

 

Etre attentif à sa respiration — en plus de l'importance particulière de celle-ci et de son effet calmant quand on l’utilise comme support principal de l’attention dans ce type de méditation — peut aussi se révéler très précieux comme aide en arrière-plan quand le Nada (le son mystique dans les oreilles) est pris comme premier objet de concentration durant la méditation.

Dans ce travail, l’aspirant doit toujours se rappeler trois choses importantes : premièrement, il doit toujours être extrêmement détendu physiquement pendant sa méditation ; deuxièmement, il doit toujours maintenir une sensation très subtile et raréfiée de la totalité de son corps (ce qui contribuera à lui permettre de demeurer détendu et tranquille et l’aidera dans sa concentration) ; enfin, il devra toujours veiller à ce que son ventre ne devienne pas, petit à petit, le siège de tensions pendant qu’il tente de se concentrer.

Comme il existe une tendance, qu’on ne réalise pas au début, à sombrer peu à peu dans un état de subtile torpeur à la fin de chaque expir, en particulier durant la pause qui suit l’expiration, l’aspirant doit être particulièrement averti de ce problème et, chaque fois qu’il le sent nécessaire, il doit augmenter avec tranquillité son état de présence au terme de chaque expir, au moment de l’intervalle précédant l’inspir. S’il est trop perturbé par les pensées, il doit alors immédiatement commencer à les observer de la manière décrite au chapitre dix-neuf, jusqu’à ce qu’elles s’apaisent.

Lorsqu’il médite assis, le chercheur doit se concentrer fermement sur son ventre et, sans interférer avec sa respiration, en suivre le mouvement avec vigilance. Son attention doit être centrée à un endroit situé approximativement deux doigts sous le nombril (où se trouve un centre psychique important), tout en restant attentif au mouvement du ventre du début à

la fin de chaque inspir et expir. L’extrémité de la langue doit effleurer le palais à un point situé juste avant les dents (où se trouve un autre Chakra). De cette façon, un lien s’établira plus aisément entre la tête et les sentiments.

Bien que la respiration finisse par ralentir considérablement d’elle-même et devienne presque imperceptible, il faut prendre garde, en particulier au commencement, qu’une mauvaise suspension du souffle ne se produise inconsciemment à cause des difficultés que l’on pourrait rencontrer pour se concentrer. Ceci conduirait à des tensions qui s’installeraient insensiblement, d’abord dans le ventre, puis elles gagneraient le plexus solaire et, finalement, monteraient jusqu’à la nuque. Il ne peut y avoir de véritable méditation s’il subsiste des tensions musculaires, si légères soient-elles.

Si l’aspirant peut atteindre le stade où sa méditation sera maintenue sans fluctuer, il commencera à sentir une “intériorisation” des plus subtiles, accompagnée d’une “descente” en lui-même. Une étrange chaleur commencera à se répandre au travers de son corps, depuis son abdomen, et un sentiment inhabituel de continuité d’être l’envahira. Il éprouvera l’impression singulière d’être mystérieusement sans poids et comme suspendu dans l’espace, pareil à un nuage immobile dans le ciel par un jour sans vent. Cette sensation se changera progressivement en celle d’être immergé et de devenir l’espace lui-même. Une énergie fine et éthérée emplira délicatement son être entier, transformant miraculeusement son sentiment de lui-même et sa conscience.

Cette sensation extraordinaire de transparence d’être et de conscience lui procurera une félicité sans pareille et une délicieuse paix indescriptible. En outre, ce Nada prodigieux vibrera de son chant mystérieux à l’intérieur de sa tête et celle-ci lui donnera l’impression de devenir étrangement translucide, tandis que sa conscience s’élargira hors de lui-même, dans toutes les directions. Ce Nada sublime chantera dans ses oreilles avec une telle beauté et une telle intensité surnaturelle que le Cosmos tout entier semblera résonner avec lui.

Rien d’autre ne paraîtra exister hors ce chant énigmatique du Divin, composé de toutes les harmonies subtiles et des ultra-sons du monde mystique, vibrant à jamais dans l’espace infini — ce chant étrange révélant éternellement un message secret à ceux qui ont des oreilles pour entendre et une sensibilité intuitive pour le comprendre et l’apprécier. Il semblera même parfois à l’aspirant que ce son primordial ou cette vibration originelle est le Divin !

Par la suite, le chercheur ne pourra s’empêcher d’être rempli d’émerveillement et de crainte révérentielle. Une pareille expérience laissera une trace inoubliable en son être et se prolongera également dans sa vie extérieure. Il se sentira étrangement enivré, avec une curieuse sensation physique raréfiée. Son corps lui paraîtra inhabituellement léger et il lui semblera marcher dans les airs.

Salim Michael

La Voie de la Vigilance Intérieure